Publié par : Virgile | 10 février 2010

Exclusif:le départ raconté par mon père!

Il est 15h00 environ ce lundi 8 février 2010 lorsque Virgile, accompagné de  Vincent – ami d’enfance – qui prévoit de rouler avec lui jusqu’aux Pyrénées- et de  Clémentine, sa sœur, qui pédale avec lui jusqu’à Orgelet, quitte la maison parentale du  35 rue du Chalet, à Briod, dans le département du jura.
Son attelage, bicyclette et remorque, ont été l’objet d’une préparation et d’un soin méticuleux. Le chargement a été effectué dans le respect des lois de l’équilibre : les bagages les plus lourds, ont été déposés vers l’arrière  de la remorque mono-roue équipée d’un vérin hydraulique, les masses ont été réparties latéralement afin de limiter l’effet de roulis : une quarantaine de kilos pour la remorque « Aevon », dix-sept pour le cycle « Bitwin » et quatre-vingt cinq pour Virgile, soit un équipage de cent cinquante kilos environ qui, dans ses évolutions, semble d’une légèreté et d’une maniabilité étonnantes. J’ai moi-même testé personnellement l’efficacité se l’attelage !
L’instant des premiers coups de pédale semblait ne jamais devoir arriver. Les dernières heures avant le départ  paraissaient soudain d’une densité extrême, un condensé de toute les attentes, de toutes les impatiences, de toute la fébrilité accumulées au cours de plusieurs mois de préparation.
Le salon de la maison  ressemblait depuis plusieurs jours à un véritable bazar : des paquets de toute sorte, des pièces de rechange pour cycles, des vêtements techniques, des livres d’aventure, des réchauds multicombustibles et  autres filtres à décontaminer l’eau, des sacs de couchage, matelas et tente de bivouac, des outils multifonctions et couteaux de survie en passant par les mini-ordinateurs, appareils photos, caméras et trépieds de toute espèce jonchaient le sol, disposés comme en une vitrine, tant Virgile tenait à embrasser d’un seul regard tout le matériel qu’il allait bientôt devoir emporter dans son expédition, épiant le moindre détail, scrutant le moindre écrou, traquant le moindre flexible !
Avait-il bien tout prévu, n’allait-il rien oublier d’important, allait-il enfin pouvoir s’affranchir de toutes les tracasseries qui, accumulées au fil des mois semblaient tout à coup peser d’un poids insupportable sur le moment tant attendu du départ ?
Le samedi soir, à J-2, une fondue jurassienne arrosée de savagnin avait , en point d’orgue, rassemblé une trentaine d’amis venus saluer le grand départ. Un moment de convivialité inoubliable et source d’énergie sans doute inépuisable pour le futur aventurier et qui devait finir en chansons !
Jour J :  l’attelage imposant sort de la maison. Le départ est imminent. Virgile arbore un large sourire. Pas une trace de doute, pas le moindre voile d’hésitation dans son regard rayonnant. Le temps même semble vouloir être de la partie : ciel bleu, température fraîche mais agréable, météo idéale pour se lancer dans l’aventure. Les conversations vont bon train. Françoise et moi, ses parents, portés par le vent de fraîcheur et de bonne humeur qui souffle sur le départ, appareil photo et caméra au point, accompagnons Virgile en voiture durant les premiers kilomètres : à nos côtés,  Julien, coéquipier de Virgile et d’Augustin dans le «NewYork-SanFrancisco 2007» ainsi qu’Emmanuel, notre filleul.
Le village de Briod est étonnamment calme : deux promeneuses interpellées par l’allure du drôle d’équipage veulent en savoir un peu plus…
Briod- Le Cap démarre sous le soleil, au milieu des rires et des éclats de voix. Virgile semble plus déterminé que jamais à mener à bien son entreprise. Pour lui souhaiter bon vent, nous nous postons au lieu -dit  «Pont de la Thoreigne» au nord d’Orgelet. La campagne alentour miroite sous la neige, le bleu intense du ciel nous force à cligner des yeux, le clocher d’Orgelet, campé au bout d’une ligne droite interminable, ponctue ce paysage d’hiver.
Les mains s’agitent. Nous suivons du regard les deux voyageurs. Nous attendons qu’ils ne soient plus qu’un point à l’horizon, point minuscule mais  essentiel.

Nous sommes heureux du bonheur de Virgile, confiants de sa confiance, sereins de sa sérénité. Briod-Le Cap démarre sous les meilleurs auspices.

Dominique

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